Le mythe de la Dame blanche

Une jeune femme, toute de blanc vêtue, fait de l’autostop la nuit, en pleine campagne. Un homme s’arrête et lui propose de la déposer. Une fois montée, elle ne dit plus un mot jusqu’à ce cri : « Attention au virage ! ».
Affolé, le conducteur freine très fort et se retourne, la femme n’est plus là ! Abasourdi, il se rend au commissariat le plus proche et raconte son histoire : il apprend alors que l’auto-stoppeuse est morte depuis longtemps après avoir envoyé sa voiture au fond du ravin.

Les variantes de cette histoire sont nombreuses, comme celle où la Dame Blanche demande à être reconduite à une adresse précise, ou lorsqu’elle emprunte une veste que l’on finit par retrouver sur sa tombe.

Le mythe de la Dame blanche ou de l’auto-stoppeuse fantôme existe depuis des dizaines, voire des centaines d’années : aujourd’hui, il appartient aux légendes urbaines. Le mystère reste entier en dépit des témoignages formels attestant de la véracité des faits relatés.

Ancré dans la culture urbaine, que ce soit en Europe – Angleterre (White Lady), Allemagne (Weisse Frauen), Hollande (Witte Wieven ou Wittewijven) etc – ou aux Etats-Unis, le mythe ne trouve pas d’origine claire et précise. Au-delà de la pure imagination cependant, l’association avec la Banshee est régulièrement exprimée. Issue du folklore irlandais et écossais, il s’agit d’une femme vêtue de blanc, avec des longs cheveux hirsutes et un visage très pâle, dont le cri annonce la mort d’un proche à celui qui l’entend.
Mais l’appellation de Dame Blanche est également donnée aux spectres – attachés à un lieu, essentiellement des châteaux ou des abbayes – mais aussi à des mythes ou apparitions surnaturelles – fées, sorcières ou lavandières de la nuit.

En France, il existe de nombreux endroits connus pour accueillir régulièrement ce phénomène :

  • La Dame Blanche du Bois de Compiègne (Oise) où la femme a perdu son mari lors d’un accident de voiture. Conforme au récit traditionnel, il est fortement déconseillé de ne pas la prendre en stop car elle risque de causer l’accident fatal.
  • La Dame Blanche de Chapareillan (Isère) où une fille serait morte d’un accident de moto au Pont du Furet. Sous une pluie battante, un médecin prend en charge une fille silencieuse et stressée (surtout lors du passage du pont) qu’il dépose devant la maison de ses parents. Il lui propose son parapluie et attend qu’elle revienne le lui rendre. Au bout de quelques minutes, il décide d’y aller lui-même et les parents de la jeune fille lui racontent alors son histoire.
  • La Dame Blanche de Pouancé (Maine et Loire) est un fantôme qui hante le château. Il s’agit soit d’une noble dame emmurée par un mari jaloux, soit de Marie Delorme, emmurée pour trahison, elle a en effet privilégié l’amour de sa patrie en ouvrant les portes de la ville aux ennemis.
  • La Dame Blanche du château de Trécesson (Morbihan) serait une femme enterrée vivante en 1750 mais ayant été aperçue par un braconnier. C’est en ouvrant les fosses le lendemain, qu’elle poussa alors un hurlement avant de mourir.
  • La Dame Blanche des Chutes Montmorency (Québec) relate l’histoire de deux amoureux en 1759. Séparés lors d’une attaque anglaise, l’homme ne revint pas ; elle le chercha sans succès. Elle se vêtit de sa robe de mariée et alla aux chutes où elle le retrouva mort. Elle se jeta alors à son tour dans les chutes. Sa robe est désormais accrochée à un arbre entre la rivière et la route : malheur à ceux qui la décrocheront !

De nombreux récits du mythe de la Dame Blanche peuplent ainsi le folklore de nombreux pays. Bons ou mauvais, ils sont majoritairement, et essentiellement, porteurs d’un message : celui d’être toujours sur ses gardes !

Patricia I.

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