Henri Corneille Agrippa

Sa vie :

Né en 1486, à Cologne, Henri Corneille Agrippa va s’intéresser et pratiquer toutes les sciences connues de son temps : astrologie, magie, lettres classiques, médecine, droit, théologie, philosophie, science de la guerre, kabbale chrétienne, exégèse, diplomatie, cryptographie, enseignement…

Il est amené à voyager une bonne partie de sa vie à cause de son caractère et de ses opinions affirmés, exprimés lors de ses différents enseignements : Dôle, Londres, Cologne, Paris, Turin, Metz ou encore Fribourg. En 1524, il s’installe à Lyon au service de Louise de Savoie – mère de François 1er – en tant que médecin personnel. Chassé pour ne pas avoir voulu établir l’horoscope de son fils – une pratique qu’il juge superstitieuse, il migre aux Pays-Bas quelques années plus tard. Il y restera, en tant qu’archiviste-historiographe, au service de la princesse Marguerite d’Autriche jusqu’à la mort de cette dernière. Enfin, il rentre en France pour y mourir en 1535.

Ses écrits, dont le plus célèbre, De La Philosophie occulte, provoquent des remous auprès des autorités politiques et religieuses qui le condamneront à la prison dans plusieurs pays, pour pratique de la magie. Même ses puissants protecteurs ne pourront rien y faire…

Son œuvre ésotérique :

Pour Henri Corneille Agrippa, « il existe trois sortes de mondes, l’élémental [celui des quatre Éléments], le céleste [celui des étoiles], l’intellectuel [celui des démons ou des anges], et chaque inférieur est gouverné par son supérieur et reçoit ses influences ».

Ainsi, l’œuvre majeure de Cornélius Agrippa, malgré le scepticisme dont il fit preuve à la fin de sa vie, reste De la philosophie occulte. La rédaction de cet ouvrage suit la division tripartite de l’univers en se décomposant en trois livres.

Le premier opus concerne les quatre éléments – l’Eau, la Terre, l’Air et le Feu – associés à des réflexions sur la divination et les influences occultes répandues dans la nature. Sa réflexion traite de « la magie naturelle ».

Le deuxième s’attarde sur le symbolisme des nombres et sur l’âme du monde – la « magie spirituelle ». C’est à travers ce deuxième opus que l’ont retrouve les carrés magiques d’Agrippa, associés aux planètes et aux puissances angéliques. Ces fameux carrés sont utilisés pour construire des sceaux, symbole d’une énergie associée à une entité céleste ou physique. Ils sont constitués de chiffres ou de nombres, sont arrangés de telle façon que la somme de chaque colonne transversale, verticale et de chacune des diagonales, soit toujours la même.

Enfin, le livre trois, plus intemporel, est associé à la « magie cérémonieuse » et s’attarde sur les noms divins, l’angélologie et les disciplines spirituelles.

Le monde des sciences occultes, à la Renaissance, est comme une flore riche et variée : en présentant la biographie et l’œuvre d’Henri Cornelius Agrippa, l’ un des plus célèbres représentants de l’ésotérisme européen de cette époque, on tente ici de fait revivre tout son univers pluridisciplinaire dont certains aspects sont encore cités et plagiés depuis près de cinq siècles…
Source d’inspirations pour Rabelais, Marlowe ou plus récemment J.K Rowling dans la célèbre saga Harry Potter, Henri Corneille Agrippa ab Nettesheim fut, tantôt décrié, tantôt encensé mais ne laissa rarement indifférent.

Patricia I.

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