Spiritisme

Le spiritisme désigne de nos jours une philosophie morale et scientifique, initiée par Allan Kardec au XIVème siècle, ainsi qu’une pratique instaurée par les sœurs Fox à partir de 1848 : le spiritualisme anglo-saxon.

Il demeure néanmoins à l’origine une doctrine reposant sur l’existence et les manifestations des esprits.

Parmi les différentes formes du spiritisme, on trouve notamment les tables tournantes, le ouija et la technique du verre, l’écriture automatique, l’incorporation, la matérialisation ou encore la transcommunication instrumentale.

La doctrine définie par Allan Kardec, instituteur lyonnais, repose sur le magnétisme et l’hypnose. Après de nombreuses études et observations, il publie en 1857 Le livre des esprits, considéré comme son œuvre principale. Il fonde l’année suivante la Société parisienne d’études spirites et le journal La revue spirite. Sa doctrine se développera rapidement après sa mort en 1869, particulièrement dans les milieux intellectuels. Ainsi, Théophile Gautier, Alexandre Dumas, George Sand ou Sir Arthur Conan Doyle afficheront publiquement leur sympathie pour le spiritisme. Victor Hugo attestera communiquer avec sa fille décédée, en certifiant que nos morts ne sont pas absents mais seulement invisibles.

Les sœurs Fox ont quant à elles initié une forme de spiritisme popularisée aux Etats Unis à la moitié du XIXème siècle. Elles ont ainsi créé diverses méthodes permettant de rentrer contact avec les esprits. Les tables tournantes se sont alors rapidement intégrées dans les pratiques du spiritisme.

Pratiqué dans de nombreuses traditions et par de multiples civilisations, le spiritisme apparaît comme la continuité des chamans, oracles, griots ou marabouts. L’objectif étant d’entrer en contact avec le monde des esprits, qu’ils soient défunts, anges ou démons.

Dans son sens le plus large, on peut assimiler le spiritisme à un courant religieux animiste disparate. Les pratiquants sont alors investis de la mission d’établir un contact avec les esprits par des moyens variés, de l’état de transe au recours à des supports inanimés.

Cette doctrine étant pratiquée aux quatre coins du monde, son principe de base est complété par différents éléments propres à chaque culture. Ceci contribue ainsi à l’aspect très disparate du spiritisme.

Au Brésil par exemple, le spiritisme « kardéciste » est particulièrement présent et influent dans la société. Le nombre de pratiquants est estimé à plus de six millions, et ils seraient plus de vingt millions de sympathisants. Cette ferveur pour le spiritisme se traduit notamment par l’existence de centres spirites dans chaque ville. Ces centres sont investis de plusieurs missions. Ils sont en effet chargés de l’aide sociale ou encore de l’éducation, mais assurent également les contacts avec l’au-delà. Le spiritisme est considéré au Brésil comme une religion à part entière. Ce qui est souligné par l’existence de multiples associations spirites, consacrées notamment aux journalistes, aux magistrats ou encore aux médecins. Le recours aux médiums est de plus totalement banalisé. A tel point qu’ils sont régulièrement sollicités dans des hôpitaux pour soigner des malades sous influence des esprits.

Afin d’officialiser l’importance accordée à cette doctrine, voire à cette religion, le gouvernement brésilien a instauré une journée du spiritisme le 18 avril.

Patricia I.

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